L'Equipage Finder

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L'Equipage Finder

Message par Lafleur le Mar 21 Oct - 0:34

L'Equipage Finder






















De tout ce qui faisait la gloire de ce légendaire équipage qu'était celui de Finder, l'actuel n'en a gardé que le nom. Finder le Flibustier était un pirate intersidéral encore célèbre aujourd'hui pour son terrible et immonde faciès. Mais au-delà de son visage, Finder avait tout pour être redouté. Il procédait minutieusement à chaque assaut, ne tolérait aucun survivant, et enfin, c'était sa triste signature, opérait dans une esthétique remarquable. "L'honorable bourreau, répétait-il, n'occulte pas après son geste, de tuer femmes et enfants. Ce sont là deux coupes qui de peine s'emplissent si personne ne les casse". Poésie, élégance, charme ; les trois dogmes de Finder n'atténuaient pas les primes éternellement revues à la hausse que l'on proposait en échange de sa tête. Mais les chasseurs ou mercenaires n'étaient pas dupes, si la récompense offerte par les gouvernements ou les tiers privés était astronomique et ne cessait d'augmenter, c'était parce que Finder ne pouvait pas être arrêté. Résiliés, beaucoup cessèrent de risquer leur vie pour un homme qui bientôt, serait emporté par le mal qui avait fait de lui un monstre : la maladie. Le Flibustier était atteint d'une maladie incurable dont le décharnement et l'atrophie étaient le premier stade. Finder, depuis des années spectateur de sa propre déchéance physique, et bientôt mentale, s'éteignait. Après avoir ôté la vie à des gens qui s'y accrochaient, l'un des plus grands barbares de son époque allait accueillir la mort comme une délivrance.
Au lendemain de son décès, son équipage pourtant aguerri connut en interne une violente commotion. Celle-ci était notamment due à des désaccords, des querelles propres à un groupe dépourvu de leader. Il ne suffit que de quelques jours pour que la moitié des pirates eut quitté le vaisseau, retrouvant une vie normale pour la plupart, le désespoir le dépit étant trop grands. L'époque de Finder était révolue.

Seules quatre personnes se revendiquent aujourd'hui membres de l'équipage Finder, les seuls qui entretinrent un lien avec leur capitaine.

Abraham Cobalt





Lorsque Finder décida de sillonner l'espace, il était presque seul. Une riche ascendance lui procura de l'argent, et quelques bons contacts, des armes. Mais son escadre était encore toute à faire, et si le forban avait un flair indubitable pour les choses matérielles et l'argent, les relations humaines restaient à ses yeux un mystère abscons. Ainsi, Finder jamais ne savait si une personne intéressée par son projet était honnête ou future source d'ennuis. Conscient de cet écueil, il délégua rapidement la responsabilité du recrutement à un homme qu'il savait doué pour la chose : Abraham Cobalt. C'était un escroc et un mercenaire surdoué, mais sans ambition qui avait pour domicile le plus fixe la prison-mère de sa planète, Vogetta. Sa réputation et la négligence dont il a pu faire preuve dans quelques mauvaises affaires eurent finalement raison de lui et sorti de prison, on le tabassa pour l'y renvoyer immédiatement. Abraham avait un don pour se faire des ennemis (et les tuer), mais il dut apprendre, à contrecœur, à établir des ententes durables. Il comprit rapidement que le milieu carcéral serait sa tombe s'il ne faisait pas d'efforts. En l'espace de quelques mois, marqués par un zèle et une dévotion inattendue envers les gardes, il était respecté et vu d'un bon oeil par ces derniers, pour finalement les avoir en amis. Un an après cette deuxième incarcération, Abraham rédigea un compte-rendu plutôt assassin au directeur, dévoilant pots-de-vin, arnaques, traîtrises, sur tous les gardes qu'il avait pu côtoyer. Le concerné fut si épaté par les détails et la vraisemblance qu'il convoqua Abraham, pour entamer un période d'essai comme testeur anonyme des nouveaux gardiens. Ce même directeur s'avérant être le frère et rare confident de Finder, il finit par lui en parler pour qu'il l'embauche à son tour.
Abraham devînt un allié fidèle et un assassin à la hauteur de la cruauté de Finder, qu'il considéra rapidement comme l'un des meilleurs pirates qu'il ait rencontré. C'était d'ailleurs l'une des conditions sine qua non pour une coopération. Deux raisons à cela : il ne voulait plus jamais être pris, et surtout... il avait et a toujours peur de l'espace. Sur terre, c'est un prédateur sans merci à la verve trompeuse, mais au milieu des étoiles, il se tait et attend d'arriver.

Vesper, l'Immortel Patient






Ni l'espace, ni la maladie, ni le combat, n'eurent raison de l'infâme personnage que l'on surnomme Vesper. Enfant pauvre ayant grandi dans la misère la plus totale sur une planète-colonie minière aujourd'hui laissée à l'abandon, il contracta successivement la tuberculose, la rage, et finalement la lèpre (qui décimait la population locale). Cette dernière assurait la mort à l'enfant de cinq ans qu'il était. Les géniteurs de cette colonie se reproduisaient sans cesse et sans relâche, le taux de mortalité infantile étant extrêmement élevé. Sans médecins, dénuée de connaissances et de scrupules, la famille fit alors le populaire choix de l'abandon. Le jeune garçon passa donc trois jours entiers dans une immense déchetterie industrielle, proche du lieu de travail de son père. Ses cris et ses pleurs, étouffés par le vacarme ambiant, ne trouvèrent aucune oreille attentive. Et le miracle se produisit, entre tous les malheurs du garçon. Un vaisseau pirate, à la recherche de pièces de rechange, fit une escale clandestine dans la vaste étendue d'ordures, potentiel lit de mort de Vesper. Celui-ci, inconscient, gisait dans un propulseur énergétique de croiseur défectueux récupéré par l'équipage dudit vaisseau. La hâte des pirates ne leur permit pas de remarquer le petit être, et, une fois à bord, le médecin personnel de Finder, Jared, vit en lui un inespéré champ d'expériences. Finder souffrait en effet d'une maladie dégénérescente réputée incurable, dont les symptômes s'approchaient de la lèpre. Le destin a voulu que Vesper fût sensible aux obscurs et hasardeux traitements de Jared, et que Finder y restât insensible. Après deux ans de cohabitation avec Vesper, l'équipage ne put s'en séparer, d'autant qu'il prouva largement sa future valeur. Il ne rechignait jamais, supportait les pires tâches, les sermons les plus injustes mais surtout la violence la plus inouïe. Son physique était déjà gravement enlaidi, mais c'était le prix à payer pour rester en vie, selon Jared. Celui-ci isola artificiellement les parties du corps touchées par la lèpre, amputa sa jambe, quelques doigts et trancha ses lèvres purulentes.
Le jeune pirate apprit à grandir avec le corps qui lui restait et les individus qu'il côtoyait, s'imprégnant de leur pire noirceur. Son silence coutumier n'était brisé que par sa respiration bruyante, parfois cacophonique la nuit et lors des moments d'efforts. Adolescent, Vesper était considéré comme le paria indispensable du vaisseau, et adulte, l'équipage comprit que le sort qu'on lui infligeât avait fait de lui un être abject, totalement vidé de bonté. A la gentillesse, il était indifférent ; des plaisirs, éloigné. Pire qu'un pirate, il était devenu un monstre physique et moral, et pour cette raison, il avait le respect (relatif) de Finder.
Vesper, avant la mort de son capitaine, avait vu l'équipage changer plusieurs fois si bien que sa désolante histoire fut presque oubliée.
Il est aujourd'hui le plus ancien de l'équipage, et le seul à avoir vu le Flibustier au meilleur de sa forme. Abraham pense que Vesper ne mourra jamais, ou que si tel était le cas, alors ce serait bel et bien la fin de l'ère Finder.

Vesper, par son ancienneté au sein de l'équipage, est le mieux connu et le plus recherché de tous les survivants. Sa tête est mise à prix par une grande majorité des empires présents au Sénat, mais depuis si longtemps que peu s'évertuent encore à le capturer, bien que la récompense soit chiffrée en millions d'Eq (45 pour être exact, soit le prix d'un vaisseau militaire de transport neuf, au pointe de la technologie actuelle).

Golbay, Kelker Parjure






Les Kelkers sont une ancienne race toujours prospère, qui a cependant perdu sa planète natale. Plus ou moins également réparti aux confins de la galaxie, ce peuple à su user de sa puissance et de son intelligence pour s'intégrer dans les multiples civilisations de l'univers. D'ordinaire, les Kelkers sont d'aspect pacifique, ont un sens de la justice loué et remarquable, ainsi qu'une aversion incompréhensible pour l'argent. C'est, au bas mot, tout l'inverse de Golbay, qui a renié son nom d'origine Kelker pour emprunter celui de sa première victime. Le gros et gras énergumène se fait un plaisir de ternir la réputation de son peuple, en abusant des pouvoirs que la nature lui a conféré. Au départ, la cupidité de Golbay était tellement exagérée que Finder, à sa rencontre, s'imagina une ruse grossière. Mais il n'en était rien ; le jeune brigand déjà empoté aimait tellement l'or qu'il le mangeait. Pour ça, il fut très rapidement intégré par l'équipage lors d'un furtif passage chez les Shun Huns. Finder et ses hommes repartirent d'ailleurs bredouilles de la planète, ayant reçu des informations erronées sur un supposé atterrissage de croiseurs remarquables. A la place, ils trouvèrent ce pseudo-batracien à la langue littéralement jaunie par l'or, qu'ils embarquèrent, stupéfaits.
Le temps leur révéla les défauts d'une telle recrue. La puissance physique de Golbay, ainsi que ses aptitudes psychiques proche de la télékinésie, commencèrent à faire émerger quelques regrets. Il fut même question de l'exécuter lorsqu'on le vit dévorer un membre de l'équipage qui lui reprocha, soûl, d'être une honte pour son peuple. Mais il avait quelques amis bien placés à bord du vaisseau, qui jouèrent en sa faveur. Toutefois, son sursis n'était pas sans retour : il dut accepter de canaliser ses capacités ancestrales, de mettre son intellect au service de l'équipe, et de perdre du poids (sa corpulence devenait un réel problème). Quelle ne fût pas la surprise de Finder, qui avait perdu tout espoir en cet élément têtu, lorsque le Kelker répondit par l'affirmative, sans réfléchir.

Sa place parmi les survivants de l'équipage semble logique, lorsque l'on aperçoit ce mondain crapaud maîtriser les éléments proches de lui, ingurgiter sans peine ses ennemis, mêmes les plus massifs, et les dissoudre grâce à l'acide répugnant de son système gastrique. Il reste cependant mystérieux aux yeux des diverses force de l'ordre, puisqu'il exerçait un poste sûrement haut placé. 


Qia






Sur Ezanwe, tout est systématiquement recyclé. Le génie de cette civilisation a permis l'instauration d'un cycle de renouvellement parfait de la matière, quitte à déroger aux règles de la nature. La biomasse de la planète est entièrement contrôlée, et sa régénération est accélérée lorsqu'il s'agit de donner la vie. Ainsi, même les individus sont soumis au recyclage, les soldats, essentiellement. Qia est le fruit de cette méthode industrielle de naissance. Créée pour se reproduire, elle passa l'essentiel de sa vie dans une clinique où l'on inséminait artificiellement les femmes. Les génitrices, entassées par millions dans ces bâtiments aux envergures démesurées, étaient introduites adolescentes dans une chambre de 10 m². Des repas de qualité leur étaient fournis par petits ascenseurs, et leur teneur variait en fonction du stade d'avancement de la grossesse. Les premiers mois, les femmes capables de se mouvoir étaient réquisitionnées pour préparer les repas et réaliser les accouchements. Ensuite vient la période de repos où les mères sont isolées, condamnées à ingurgiter des médicaments par intraveineuse. Lorsque vient l'accouchement, le nouveau-né est descendu par l'ascenseur, la mère est allongée une semaine, son traitement modifié pour augmenter la vitesse de recouvrement. La semaine d'après, il lui est envoyé une pipette remplie de liquide séminal, et le destin reprend son cours.
Aucune émeute n'avait lieu, les incidents étaient extrêmement rares et souvent dus à une intervention extérieure. Ces usines a bébé sont, entre autres sujets controversés, une des raisons pour lesquelles Ezanwe ne siège pas au Sénat, car une puissance capable de décider de la croissance de sa population est une puissance jugée nocive.
Qia est l'une des seules femmes à avoir franchi le seuil d'une de ces cliniques. Pour une raison inconnue, ses enfants étaient pâles, peinturlurés, et mourraient dans les jours qui suivaient leur premier souffle sans avoir émis le moindre son. Jugée défectueuse, elle se retrouva après un long sommeil artificiel, sur une table d'opération, entourée de robots chirurgiens. Ouverte puis disséquée à vif, on lui retira son appareil reproducteur, et elle finit sous un pont, à peine recousue. Supporter la douleur était une tâche quotidienne, mais survivre en voyant ses organes dépasser de son ventre en était une plus difficile. La jeune femme, esseulée comme tous les individus qui sortaient des zones habitées d'Ezanwe, n'avait nulle aide et aucun moyen de réintégrer les villes, strictement protégées et hermétiques. Elle le savait, et elle savait également que personne ne viendrait plus jamais la chercher. L'espoir n'a pas sa place à Ezanwe, seul le mérite compte. Alors la jeune femme prit son courage à deux mains, et à l'aide d'une vieille aiguille de seringue et de ses cheveux, elle referma sa plaie après s'être plusieurs fois évanouie à cause de la douleur.
Miraculeusement, elle put remarcher. Sa situation l'avait privée du luxe de scruter les environs. Mais il n'y avait rien à voir. L'immensité des lieux lui donna le vertige, les ruines s'étendaient à perte de vue. La couleur du ciel était morose et ne changeait jamais. Qia se rendit compte à quel point la lumière qu'elle avait toujours vu était parfaitement artificielle. Là où les étoiles semblaient toucher le sol, Qia n'apercevait aucun signe de vie, jamais, pas l'once d'une silhouette.
Rien. Rien ne l'entourait. La pénombre naturelle de la planète rendait l'orientation encore plus difficile. "Pour aller où ?" se demandait-elle. Le terrain était escarpé, abrupte, parsemé de vestiges qui laissaient penser qu'un jour, Ezanwe avait été une planète comme les autres, régie par la vie et les saisons. Le système ezan faisait en sorte que ses membres ne se posent aucune question, qu'ils imaginent que tout avait toujours été ainsi. Et tous le pensaient, jusqu'à un très surprenant niveau de l'administration. Voilà pourquoi il était impossible de rejoindre la civilisation après avoir été jeté dehors. Mais Qia aurait préféré qu'on l'achève, qu'on ne la laisse pas pouvoir espérer, elle aurait voulu ne pas être soumis à cet instinct de survie, qui la poussait à marcher sans relâche, à se nourrir de petits fruits immondes et dangereux, à croire qu'un miracle se produira. Son parcours lui sembla interminable. Les rares sentiers que Qia pouvait emprunter desservaient d'anciens entrepôts, que les végétaux envahissaient.
Un mois d'errance en totale solitude lui fit comprendre que la faune était inexistante. Pas un insecte, ni un oiseau, ne croisa son chemin. Seules les plantes, dans leur étonnante diversité, prospéraient, comme animées par la vengeance. Elles engloutissaient les fabriques, faisaient table rase.
Après deux mois, Qia hurla, pendant des heures, lorsqu'elle réalisa qu'elle ne respirait littéralement plus. Elle crut devenir folle, et imagina qu'elle était déjà morte, que les âmes perdues erraient dans ce genre de places indéfiniment. Ses poumons lui avaient été retirés aussi, et pourtant elle vivait toujours. Ce ne pouvait être qu'un rêve, ou l'au-delà.
Le corps de Qia se métamorphosait. Depuis sa chute du pont, et son calvaire avec sa blessure, ses organes, un a à un, disparaissaient, elle les évacuait naturellement. Bientôt elle fut complètement vide, c'était une coque solide, faite d'une matière biologique stable. Il ne restait d'humain en Qia que son visage de porcelaine.

Après sept mois d'errance, elle rencontra l'équipage de Finder qui faisait escale dans l'une des rares zones incontrôlées d'Ezanwe. Qia, qui n'avait croisé personne depuis bien longtemps, les supplia de l'accepter, pour lui faire quitter cette planète, ce qu'ils firent, en échange de son allégeance totale. Ce qu'elle accepta.
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Il fait froid, dehors.
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